Archive - mars 2026
BERLINGUER - LA GRANDE AMBITION
CYCLE ITALIA ROSSA
Fiction
En bref...
Italie, 1975. Enrico Berlinguer, chef du plus puissant parti communiste d’Occident, défie Moscou et rêve d’une démocratie nouvelle. Refusant les dogmes d’un monde divisé en deux, il poursuit sa grande ambition de réconcilier socialisme et démocratie en cherchant le « compromis historique » avec le parti démocrate-chrétien au pouvoir. Le film repose presque entièrement sur les épaules d’Elio Germano qui se met dans la peau d’un homme politique ayant profondément marqué l’histoire. Grâce aux images d’archives intégrées au film, le réalisateur explore la vie tant publique que privée d’un leader prêt à tout risquer pour ses idéaux. De quoi redonner goût au combat politique !En complément...
Le cinéma italien est riche de films qui interrogent la question de l’engagement, tant le pays est traversé par des forces politiques puissantes et contraires qui s’entrechoquent depuis des décennies. Alors que la menace fasciste ne s’est jamais tue depuis son émergence il y a plus d’un siècle avec Mussolini, ses opposant·es ont adopté différentes stratégies pour la combattre. La lutte politique de gauche est une affaire de parti, institutionnelle, mais aussi une affaire de militance associative, informelle, parfois clandestine, parfois illégale. Dans les deux cas, la résistance est aussi une affaire intime, familiale, amicale, une question de morale, de rage et d’amour, un fait philosophique. Or aujourd’hui Pasolini est mort, le parti communiste aussi… la résistance de gauche est-elle reléguée dans les tiroirs de la nostalgie ? De mars à mai, à travers une dizaine de films d’hier et d’aujourd’hui, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et les associations italiennes du Canton de Neuchâtel, le cycle ITALIA ROSSA est l’occasion de questionner notre propre rapport à l’engagement politique et au militantisme, histoire de garder la flamme dans un monde en prise à l’autoritarisme, à la fermeture et à l’exclusion. Avanti popolo, alla riscossa !
Bande Annonce...
Mais encore...
Andrea Segre filme avec maestria la grandeur et les désillusions de l’engagement politique. C’est l’un de ces « films-dossiers », solides et minutieux, qui parviennent, sans forcer la démonstration ni sacrifier l’incarnation, à éclairer la complexité d’une page d’Histoire.
– Hélène Marzolf, Télérama –
– Hélène Marzolf, Télérama –
En 2008 sortait Il divo de Paolo Sorrentino, formidable portrait du machiavélique dirigeant de la Démocratie chrétienne Giulio Andreotti, réalisé encore de son vivant. Voici enfin celui de son grand adversaire politique Enrico Berlinguer, secrétaire général du Parti communiste italien de 1972 à 1984, réalisé quarante ans après sa disparition prématurée. C’est sans doute qu’il est plus difficile au cinéma de proposer le portrait d’un homme intègre et respecté de tous que d’un habile combinard aux nombreuses zones d’ombre. Andrea Segre, cinéaste plus discret que Sorrentino mais non moins préparé, après vingt ans de carrière menée entre documentaire et fiction, y est parvenu dans Berlinguer.
– Norbert Creutz, Le Temps –
– Norbert Creutz, Le Temps –