Du 1 Mar au 18 Mar
FUORI CYCLE ITALIA ROSSA
Fiction

En bref...

Rome, années 80. Goliarda Sapienza travaille depuis dix ans sur ce qui sera son chef-d'œuvre, “L’art de la joie". Mais son manuscrit est rejeté par toutes les maisons d'édition. Désespérée, Sapienza commet un vol qui lui coûte sa réputation et sa position sociale. Incarcérée dans la plus grande prison pour femmes d'Italie, elle va y rencontrer des voleuses, des junkies, des prostituées mais aussi des prisonnières politiques. Après sa libération, elle continue à fréquenter ces femmes et développe avec l'une d’elles une relation qui lui redonnera le désir de vivre et d'écrire. Magnifiquement interprété par Valeria Golino et ses comparses, un film qui célèbre la joie, la liberté et la rébellion comme actes politiques.

En complément...

Le cinéma italien est riche de films qui interrogent la question de l’engagement, tant le pays est traversé par des forces politiques puissantes et contraires qui s’entrechoquent depuis des décennies. Alors que la menace fasciste ne s’est jamais tue depuis son émergence il y a plus d’un siècle avec Mussolini, ses opposant·es ont adopté différentes stratégies pour la combattre. La lutte politique de gauche est une affaire de parti, institutionnelle, mais aussi une affaire de militance associative, informelle, parfois clandestine, parfois illégale. Dans les deux cas, la résistance est aussi une affaire intime, familiale, amicale, une question de morale, de rage et d’amour, un fait philosophique. Or aujourd’hui Pasolini est mort, le parti communiste aussi… la résistance de gauche est-elle reléguée dans les tiroirs de la nostalgie ? De mars à mai, à travers une dizaine de films d’hier et d’aujourd’hui, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et les associations italiennes du Canton de Neuchâtel, le cycle ITALIA ROSSA est l’occasion de questionner notre propre rapport à l’engagement politique et au militantisme, histoire de garder la flamme dans un monde en prise à l’autoritarisme, à la fermeture et à l’exclusion. Avanti popolo, alla riscossa !

Les horaires et tarifs...

  • Dimanche 1 mars à 20 h 15
  • Mardi 3 mars à 18 h 00
  • Vendredi 6 mars à 20 h 15
  • Mardi 10 mars à 20 h 15
  • Dimanche 15 mars à 11 h 15
  • Mercredi 18 mars à 20 h 15
  • Plein tarif 14.–
  • Réduit 11.–
  • Membres 10.–
  • Ecoles partenaires et résident·es Alfaset 5.–

Bande Annonce...

Mais encore...

Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe sur un film aussi profondément beau, où tout paraît juste alors même qu’on ne comprend pas forcément ce qui meut les personnages. Un film dont la forme même, sa respiration, accueille jusqu’au mystère des êtres et de la vie. Cinéaste actuellement en état de grâce, Martone nous avait déjà épaté avec Nostalgia, son histoire d’un exilé de retour à Naples. Cette fois, il réédite son coup à Rome, qu’on a rarement vue aussi bien filmée, au point que ce portrait de femme se confond lui aussi avec celui de la ville. Ceux qui aiment la lumière et l’architecture de Rome, qui interrogent sans dogmatisme le féminin, voire qui se souviendraient encore de la révolution antonionienne, devraient apprécier. Avec Valeria Golino et Matilda De Angelis comme duo magique.
– Norbert Creutz, Le Temps –

Le film est signé Mario Martone, il était en compétition cette année à Cannes, et s’intitule Fuori — traduction “dehors”. Un film réussi à moitié seulement, comme souvent les films portraits, mais dont la partie réussie l’est suffisamment pour excuser ses faiblesses. Il recèle aussi des moments d’une grâce étrange, où le point de vue ne paraît pas être en surplomb du personnage, mais dans le présent, erratique lui, de son inspiration. Il faut dire que Goliarda Sapienza est en elle-même, avant d’être représentée, un sacré personnage. Née en 1924, elle grandit dans une famille antifasciste, est éduquée à la maison dans un esprit volontiers artistique, fait des études de théâtre, puis joue dans des films. En 1953, après la mort de sa mère, elle tombe dans une dépression profonde qui la mène dans une institution où, comme c’était de coutume alors, on lui administre un violent traitement aux électrochocs. Elle écrit, mais ne publie qu’à la marge, et souffre de plus en plus du mépris que lui oppose son milieu bourgeois et intellectuel. C’est ce moment que raconte Mario Martone : l’enfermement, et puis d’un coup, le dehors.
– Lucile Commeaux, France Culture –
 
Écouter le podcast « Travailler un chef-d'œuvre : "L’Art de la joie" de Goliarda Sapienza ». Le Book Club, Marie Richeux, France Culture, 26 février 2024.

Informations...

Auteur

Mario Martone

Genre

Fiction

Age

Dès 16 ans

Durée

1h55

Année

2025

Pays

Italie / France

Lieu

Cinéma ABC