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THE RIDER

de Chloé Zhao  

Tourné dans le Dakota du Sud, THE RIDER suit la quête identitaire d'un jeune homme qui, après un accident, doit renoncer à une carrière de cavalier de rodéo. Avec cette fiction qui s'inspire d'une réalité encore bien présente, la réalisatrice Chloé Zhao offre un magnifique contrepoint à un univers de western.
dès le 25 avril fiction / dès 16 ans
1h44 / USA / 2017

Cinéma ABC

Plein tarif 14.– / Réduit 11.– / Membres 10.–

THE RIDER

de Chloé Zhao  

avec Brady Jandreau, Cat Clifford, Lane Scott
Brady, jeune cow-boy, entraîneur de chevaux et étoile montante du rodéo, voit sa vie basculer après un accident lors d'une performance. Il s’en remet doucement, dans la maison qu’il partage avec son père et sa jeune sœur Lily, atteinte d’autisme.
Lorsqu’il se rend compte qu’il doit mettre un terme à sa carrière de cavalier de rodéo, il remet sa vie en question. Pour reprendre le contrôle de son destin, Brady se lance dans une quête identitaire et cherche à comprendre ce que c’est qu’être un homme au cœur de l’Amérique.
 
Chloé Zhao s'est fait connaître avec LES CHANSONS QUE MES FRERES M'ONT APPRISES en 2015. Pour THE RIDER, son deuxième long métrage, elle a tourné dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Elle filme avec douceur ses personnages, joués par des comédien·ne·s non-professionnel·le·s, dont la réalité a directement inspiré l'histoire du film.
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2017, le film a remporté le prix de la C.I.C.A.E (Confédération internationale des cinémas d'art et d'essai).
INTERVIEW DE CHLOE ZHAO PAR COURRIER INTERNATIONAL

Qui est Brady dans la vraie vie, et comment s’est-il imposé comme le héros de THE RIDER ?
J’ai rencontré Brady il y a deux ans environ. Il travaillait sur un ranch de la réserve indienne de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud. Il était tellement doué avec les chevaux que j’ai tout de suite pensé à monter un film autour de lui, même si je ne savais pas encore quelle histoire je voulais raconter. C’est alors qu’en avril 2015, Brady a reçu un coup de sabot en pleine tête. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire [et contre l’avis des médecins], il essayait déjà de se remettre en selle. C’est là que j’ai su que je tenais mon histoire, celle d’un jeune garçon prêt à mettre sa vie en danger pour rester fidèle à l’idée qu’il se fait de son identité.
 
C’est le deuxième film que vous tournez dans le Dakota du Sud. Qu’est-ce qui vous attire dans cet État, vous, une femme chinoise devenue new-yorkaise ?
Le Dakota du Sud est l’un des rares États américains à être resté, au moins en partie, figé dans le temps. [...] J’ai donc eu un vrai coup de cœur la première fois que je me suis rendue dans la réserve de Pine Ridge, pour les besoins de mon premier film. Lorsque vous vous promenez, là-bas, vous pouvez tomber sur des os d’animaux vieux de cent ans. Tout n’est pas constamment rénové ou remplacé, comme dans les villes.
 
Dans quelle mesure le désir d’explorer la mythologie du Far West a-t-il pesé dans votre décision ?
Cela a compté, bien sûr, mais ce n’était pas mon but premier. Les westerns que j’ai vus se comptent sur les doigts d’une main. J’ai beaucoup aimé IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST de Sergio Leone, ainsi que quelques westerns révisionnistes des années 1960-1970 [selon le nom donné à un sous-genre du western qui présentait une vision moins manichéenne du Far West]. Mais je n’arrive pas à m’identifier à leurs personnages, peut-être parce que je suis une femme.
 
Justement, parlons de la façon que vous avez de filmer les corps tatoués, meurtris, balafrés et parfois mutilés de ces jeunes coureurs de rodéo…
[...] Le père de Brady, Tim [qui joue lui aussi son propre rôle dans le film], m’a dit : “Écoutez, j’enseigne à Brady ce que je sais, ce que mon père m’a appris. Et je suis dix fois moins dur avec lui que mon père ne l’était avec moi.” Mais reste l’idée qu’il faut être un homme, et c’est très difficile : il faut être totalement indépendant, subvenir à ses propres besoins, n’accepter aucune aide, à commencer par celle du gouvernement. C’est une forme de masculinité typiquement américaine, qui remonte à la conquête de l’Ouest. 
 
Propos recueillis par Marie Béloeil pour Courrier International le 26 mai 2017.
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